Behind The Desmarais State:  Power

SourceDerrière l’État Desmarais:  Power, by Robin Philpot, Livres Baraka, 2014.
PDF file (the intro is free online):  https://storage.googleapis.com/cantookhub-media-enqc/b7/f012ced50b916d59a1631d840d0e970ccb2545.pdf

Below:  an Exclusive English translation of an excerpt from the free Introduction to Philpot’s book has been prepared for “No Snow in Moscow” © 11 November 2016.  Read the Intro post:  “Behind the Desmarais State:  Power’;  Behind Philpot and Lisée:  Power“.

Behind The Desmarais State:
POWER

Behind The Desmarais State: Power by Robin Philpot (2014)

Behind The Desmarais State: Power by Robin Philpot (2014)

INTRODUCTION

INTRODUCTION

Pourquoi L’État Desmarais?

Why The Desmarais State?

Quand l’argent parle, la vérité se tait.
                                          — Proverbe

When money talks, truth holds its tongue.
                                          — Proverb

Un livre sur l’État Desmarais s’impose depuis belle lurette.  On se demande même pourquoi il y a eu si peu d’écrits et si peu d’analyses à ce sujet, compte tenu surtout des positions tranchées de cette famille contre la souveraineté du Québec et pour l’unité canadienne, coûte que coûte.  Cet empire est reconnu pour être en mesure de faire et de défaire des gouvernements québécois et canadiens, et ce, depuis bientôt 40 ans.  La journaliste économique de droite Diane Francis*, qui l’aime beaucoup d’ailleurs, dit que Paul Desmarais est l’homme d’affaires qui a le plus de pouvoir politique au Canada.  Parmi les milliers d’essais publiés au Québec depuis des années, il n’y a rien sur l’empire politico-financier dirigé par les Desmarais, père et fils.  Au plus, on trouve des critiques voilées, des commentaires lancés prudemment et avec cir­con­spec­tion, parfois avec un sourire en coin, le message étant qu’on ne peut en dire davantage sans prendre de risque.  Le seul livre sur Desmarais-Power est une hagiographie écrite en 1987 par un journaliste économique de Calgary, feu Dave Greber, intitulée Rising to Power (Paul Desmaraisun homme et son empire).  Le doyen du journalisme politique et du monde des affaires au Canada, Peter C. Newman, lui a consacré environ 60 pages de son livre L’Establishment canadien, ceux qui détiennent le pouvoir.  Mais

A book on the Desmarais State has been needed since time out of mind.  One even wonders why there has been so little written and so few analyses of the subject, above all given the entrenched positions of this family against the sovereignty of Quebec and in favor of Canadian unity, at all costs.  This empire is renowned for its ability, for over 40 years now, to break Quebec and Canadian governments.  The right-wing financial journalist, Diane Francis*, who moreover likes him a great deal, says that Paul Desmarais is the businessman with the most political power in Canada.  Among the thousands of essays published in Quebec over the years, there is nothing on the political-financial empire led by the Desmarais father and sons.  In addition, one finds veiled criticisms, remarks made with prudence and circumspection, sometimes with a half-smile, the message being that more cannot be said without risk.  The only book on Desmarais-Power is a hagiography written in 1987 by a financial journalist in Calgary, the late Dave Greber, entitled Rising to Power (Paul DesmaraisA Man and His Empire).  The dean of political and business-world journalism in Canada, Peter C. Newman, devoted some 60 pages to him in his book, The Acquisitors:  Volume 2 of The Canadian Establishment.  But

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non sans peine.  Même si Peter C. Newman est considéré comme chantre officiel de l’élite des affaires au Canada, peu avant la parution en 1975 de ce livre sur l’establishment, il s’est vu menacer d’une poursuite-bâillon de Paul Desmarais qui, selon The Gazette, « n’a pas aimé ce que Newman a[vait] écrit sur le traitement de quelques actionnaires minoritaires d’un holding ».  Paul Desmarais a mandaté l’avocat J. J. Robinette de Toronto pour demander une injonction visant à empêcher la publication du livre.  Les deux sources citées par Newman, gouverneurs de la Bourse de Montréal, auraient «pris le bois» et l’éditeur, McClelland and Stewart, l’un des plus importants au Canada, a été obligé de cacher le paragraphe désobligeant à l’aide d’un autocollant dans chacun des 75 000 exemplaires.  Dans un autre livre, Newman a consacré un chapitre à Desmarais qu’il a servilement intitulé « King Paul ».

not without penalty.  Even if Peter C. Newman is considered to be the official chorister of Canada’s business elite, shortly before publication of his book on the Establishment in 1975, he was threatened with a legal gag order by Paul Desmarais who, according to The Gazette [translation:], “didn’t like the fact that Newman had written about the treatment reserved for a few shareholders of a holding company”.  Paul Desmarais hired J.J. Robinette, the Toronto lawyer, to seek an injunction aimed at preventing publication of the book.  The two sources cited by Newman, governors of the Montreal Stock Exchange, had high-tailed it for the woods, and the publisher, McClelland and Stewart, one of the biggest in Canada, was obliged to conceal the displeasing paragraph with a self-adhesive sticker in each and every one of the 75,000 copies.  In another book, Newman had devoted a chapter to Desmarais which he fawningly entitled “King Paul”.

Par ailleurs, rarement entend-on, même de la bouche des porte-parole du mouvement souverainiste, des analyses froides et percutantes du rôle politique de Power Corporation au Québec et au Canada et, encore moins, des propositions de politiques pour y faire face.  On peut même se demander si notre incapacité ou notre refus d’aborder de front ce pouvoir démesuré et quasi occulte et de prendre les moyens pour le surmonter n’explique pas en partie l’impasse politique dans laquelle se trouve le mouvement indépendantiste québécois.

Moreover, one rarely hears, even from the mouths of the sovereignty-movement spokesmen, clinical and penetrating analyses of the political role of Power Corporation in Quebec and in Canada, and even less, proposals for dealing with it.  It can even be wondered if our inability or our refusal to tackle this immoderate and half hidden power head-on partly explains the political dead-end in which the Quebec independence movement finds itself.

Le concept de « l’État Desmarais » n’est pas nouveau ni l’idée selon laquelle cet « État » représente un obstacle important pour la collectivité québécoise.  Déjà en 1973, Pierre Godin a publié un livre remarquable intitulé L’information-opium :  une histoire politique du journal La Presse dans lequel il nous mettait en garde contre les périls de la grande promiscuité qui caractérisait les relations entre les dirigeants de Power Corporation et le gouvernement du Québec de l’époque dirigé par Robert Bourassa.  « De nos jours, écrivait-il, à l’ère de la domination sociale des firmes privées totalitaires, dont la puissance est telle qu’elles constituent l’État véritable (exemple :  Power Corporation et le gouvernement Bourassa), la presse est

The notion of the “Desmarais State” is not new, nor is the idea that this “State” represents a major obstacle to the Quebec community.  As far back as 1973, Pierre Godin published a remarkable book entitled “The Information Opium:  A Political History of La Presse” the newspaper, in which he warned us of the perils of the keen promiscuity which characterized relations among the heads of Power Corporation and the Quebec government of that time led by Robert Bourassa.  “Nowadays,” he wrote, “in the era of social domination by totalitarian private firms, whose power is such that they constitute the true State (example:  Power Corporation and the Bourassa government), the press has

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devenue l’outil du pouvoir économique comme elle avait été celui du pouvoir politique. »

become the tool of the economic power as it had once been of the political power.”

Quand Pierre Godin a écrit ces mots, lui et d’autres prévoyaient que le Québec serait indépendant dans un proche avenir.  Aussi, un peu plus loin, il s’est posé la question :

When Pierre Godin wrote those words, he and others anticipated that Quebec would soon be independent.  Also, a bit further on, he asked himself:

Advenant l’indépendance du Québec, les pouvoirs réunis dans les mains de Desmarais seraient alors colossaux.  On peut se demander qui, du groupe politico-financier encadrant Desmarais ou de l’État québécois, serait le véritable maître de cette nouvelle nation de 6 ooo ooo de citoyens ?  Le groupe Desmarais-Power occupe une position dominante pour influencer l’orientation constitutionnelle, économique et sociale de l’État québécois actuel et futur.  Le gouvernement Bertrand (Jean-Jacques) craignait ce nouvel État dans l’État.  Sa célérité à créer une enquête sur la liberté de la presse en fut une indication.

Should Quebec become independent, the powers united in the hands of the Desmarais would be colossal.  One can well wonder who, among the political-financial group surrounding Desmarais or the Quebec State, would be the real master of this new nation of 6,000,000 citizens?  The Desmarais-Power group occupies a dominant position to influence the constitutional, economic and social orientation of the current and future Quebec State.  The (Jean-Jacques) Bertrand government fears this new State within the State.  The speed with which it launched an investigation into freedom of the press is one such indication.

Le gouvernement Bertrand a justement mis sur pied une commission de l’Assemblée nationale pour enquêter sur la concentration des entreprises d’information à la suite d’une motion du député de Gouin, Yves Michaud, déposée le 5 décembre 1968.  La résolution portait principalement sur les risques que représentait l’accumulation du pouvoir par le groupe Desmarais-Power.  Nous y reviendrons, mais la citation ci-dessous démontre que déjà, il y a 45 ans, l’Assemblée nationale — qui s’appelait encore l’Assemblée législative — considérait que « l’État Desmarais » était un sujet d’actualité brûlant.  Le serait-il moins aujourd’hui alors que le groupe Desmarais-Power est certainement 20 fois plus puissant qu’il ne l’était à la fin des années 1960 ?

The Bertrand government, post-haste, set up a Committee of the National Assembly to inquire into the concentration of information businesses, on motion of the Member from Gouin, Yves Michaud, tabled on 5 December 1968.  The resolution mainly concerned the risks that the accumulation of power by the Desmarais-Power group represented.  We will come back to this, but the above quotation demonstrates that as far back as 45 years ago, the National Assembly — which at that time was called the Legislative Assembly — considered that “The Desmarais State” was a subject of burning current interest.  Would it be less so today when the Desmarais-Power group is surely 20 times more powerful than it was at the end of the 1960s?

Après avoir énuméré les médias contrôlés par Desmarais, le député Yves Michaud a demandé aux parlementaires d’agir d’urgence pour empêcher que la plus vaste opération monopolistique jamais entreprise sur le territoire québécois ne se réalise dans le domaine névralgique de l’information :

After listing the media controlled by Desmarais, MLA Yves Michaud asked the parliamentarians to act on an emergency basis to prevent the biggest monopoly operation ever undertaken on Quebec soil from taking over the nerve center of the information industry.

En faut-il davantage pour marquer le caractère grave d’une situation qui, si elle n’est pas l’objet d’un examen détaillé, scrupuleux et attentif — tel que le permettent nos règlements — de la part des élus du peuple

Is it all the more necessary in order to signal the serious character of a situation which, if it is not the object of a detailed, attentive and scrupulous examination — as permitted by our bylaws — on the part of the people’s elected officials

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et des responsables de l’État, risque d’abandonner dans les mains d une oligarchie financière, une puissance plus grande que celle de l’État, une force éventuellement capable de contrecarrer les volontés des élus du peuple et de l’exécutif?  Situation grave, poursuivait le député Yves Michaud, mais également urgente parce que le journal Le Devoir  […] révélait que le groupe Gelco-Trans-Canada [groupe dirigé par Paul Desmarais qui prendrait le contrôle de Power Corporation] tente d’acquérir à l’heure actuelle, au moment où je vous parle, le journal Le Soleil, dont le tirage est de plus de 175 000 exemplaires et le quotidien Le Droit d’Ottawa, qui a un tirage de 45 000 exemplaires.

and those in charge of the State, is likely to abandon into the hands of a financial oligarchy a power larger than that of the State, a force possibly able to thwart the wills of the people’s elected officials and of the executive?  A grave situation, continued MLA Yves Michaud, but also urgent because the newspaper Le Devoir  […] revealed that the Gelco-Trans-Canada group [led by Paul Desmarais who would take control of Power Corporation] is attempting at the time of this writing, to take over the Le Soleil  daily newspaper, whose print run is over 175,000 copies and the daily Le Droit  of Ottawa, whose print run is 45,000 copies.

Les députés à l’Assemblée nationale ainsi que toute la population du Québec avaient bien raison de craindre l’opération monopolistique que Paul Desmarais était en train de réaliser au Québec.  En effet, au début de 1968, Claude Frenette, adjoint de Paul Desmarais, qui s’apprêtait justement à prendre le contrôle de Power Corporation, a décrit en détail la stratégie de l’entreprise et d’un groupe de libéraux puissants pour damer le pion au mouvement souverainiste et particulièrement à René Lévesque.  Il s’est confié à un agent américain du nom de E. C. Bittner, qui a fait part de ces confidences dans une dépêche intitulée « Québec Separatism and the Liberal Leadership Race » (« Le séparatisme au Québec et la course à la direction du Parti libéral »).  Selon la dépêche datée du 3 janvier 1968, Claude Frenette a dit :  « Power Corporation a l’intention d’utiliser le réseau de télévision et de presse qu’elle contrôle au Québec pour aider à battre le séparatisme à l’aide d’opérations de propagande subtiles. »  Par ailleurs, selon Claude Frenette,

The Members of the National Assembly, and also the whole population of Quebec, have had real reason to fear the monopolistic operation that Paul Desmarais was on the way to achieving in Quebec.  Indeed, at the start of 1968, Claude Frenette, Paul Desmarais’ right arm when the latter was on the point of taking control of Power Corporation, described in detail the strategy of the company and of a group of powerful Liberals to check the sovereignist movement and in particular René Lévesque.  He confided to an American agent named E.C. Bittner, who disclosed these confidences in a dispatch entitled “Quebec Separatism and the Liberal Leadership Race”.  According to the dispatch, dated 3 January 1968, Claude Frenette said:  “Power Corporation intends to use the press and tv network it controls in Quebec to help beat separatism with the use of subtle propaganda operations.”   Again, according to Claude Frenette,

Le Parti libéral avait établi un comité secret pour battre le séparatisme au Québec.*  Le comité, qui comprenait les ministres fédéraux du Québec tels que [Jean] Marchand, Trudeau et [Maurice] Sauvé, avait adopté un plan à plusieurs volets … pour discréditer les tendances séparatistes des états généraux lourdement influencés par la Société Saint-Jean-Baptiste,* et [que] le comité avait infiltré la récente conférence des états généraux […] [qu’]il l’avait incitée à prendre une position tellement radicale au sujet du séparatisme qu’elle serait incroyable.

The Liberal Party had established a secret committee to beat separatism in Quebec*.  The committee, which included such federal ministers from Quebec as [Jean] Marchand, [Pierre] Trudeau and [Maurice] Sauvé, had adopted a multi-tiered plan…  to discredit the separatist inclinations of the Estates General, heavily influenced by the Saint-John-the-Baptist Society,* and [that] the committee had infiltrated the recent conference of the Estates General […] [which] it had incited to take a position so radical with respect to separatism that it would be unbelievable.

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Claude Frenette a décrit aussi comment le comité entendait marginaliser René Lévesque.  Deux semaines après l’envoi de cette dépêche, Claude Frenette a été élu président de l’aile québécoise du Parti libéral fédéral en vue du congrès au leadership et, dans les bureaux mêmes de Power Corporation, avec Pierre Trudeau, il a établi le plan qui mènerait celui-ci à la direction du Parti libéral et au poste de premier ministre du Canada le 25 juin 1968.

Claude Frenette also described how the committee intended to marginalize René Lévesque.  Two weeks after sending this dispatch, Claude Frenette was elected president of the Quebec wing of the Federal Liberal Party with a view to the leadership convention and, in the very offices of Power Corporation, with Pierre Trudeau, he established a plan which would place the latter at the head of the Liberal Party and into the Prime Minister’s office in Canada on June 25th, 1968.

Les Desmarais ont mis environ 30 ans pour mettre la main sur Le Soleil  et Le Droit, mais ils y sont parvenus en novembre 2000,* avec en prime Le Quotidien  de Chicoutimi, ce qui a porté à 70% leur contrôle de la presse écrite au Québec.­ Si la situation décrite par Yves Michaud en 1968 était grave, ne faudrait-il pas conclure quelle est devenue catastrophique depuis 2000 ?  Cata­stro­phi­que d’autant plus que, au moment même où Power Corporation mettait la main sur Le Soleil, Le Droit­ et Le Quotidien, Radio-Canada* et La Presse commençaient à mettre en œuvre une entente de collaboration secrète.­ Est-ce un hasard ou le fruit d’une stratégie mise au point méticuleu-sement dans les hautes sphères de la politique canadienne­?

It took the Desmarais about 30 years to lay hands on Le Soleil  and Le Droit, but they did it by November 2000,* with Le Quotidien  of Chicoutimi as a bonus, which brought their printed press control in Quebec to 70%.  If the situation described by Yves Michaud in 1968 had been grave, must it not be concluded that it had become catastrophic by 2000?  Catastrophic more especially as, at the time when Power Corporation laid hands on Le Soleil, Le Droit and Le Quotidien, Radio-Canada and La Presse*  began to implement an agreement on secret collaboration.  Was this a fluke or the product of a strategy meticulously implemented in the higher realms of Canadian politics?

Les leaders souverainistes ont toujours éprouvé des difficultés à naviguer autour de 1’armada Desmarais.  Même si celle-ci n’a jamais dissimulé sa volonté de faire faire naufrage au mouvement d’émancipation du Québec, il semble que la politique des porte-parole sou­ve­rai­nis­tes a consisté généralement à éviter de la prendre de front de crainte d’essuyer des tirs de barrage trop forts.  À cette règle surgit au moins une exception remarquable : le discours de Jacques Parizeau de fin septembre 1995 à un mois du référendum du 30 octobre.  Dans ce discours prononcé devant les militants du Parti québécois, l’ancien premier ministre a posé le problème dans toute son ampleur et avec la perspective historique nécessaire :

Sovereignist leaders have always experienced difficulties navigating around the Desmarais armada.  Even if it had never revealed its desire to sink the Quebec emancipation movement, it seems that the policy of the sovereignty spokesmen has generally consisted in evading meeting it head-on for fear of inviting a needless barrage of heavy artillery.  A remarkable exception to this rule comes to mind:  the speech of Jacques Parizeau at the end of September 1995, a month before the October 30th referendum.  In this speech delivered in the presence of the Parti Québécois militants, the former premier posed the full scope of the problem, and with the necessary historical perspective:

Il est devenu de plus en plus clair que le NON représente aujourd’hui des forces qui, à travers notre histoire récente, ont voulu garder le Québec en arrière, ont voulu garder le Québec petit.  Le camp du NON s’est transformé sous nos yeux.  Il est devenu le club des milliardaires, le club des privilégiés, arrogants et menaçants.  Avant, c’était la Brinks

It has become more and more clear that the NO today represents forces which, according to our recent history, have wanted to keep Quebec behind, have wanted to keep Quebec small.  It has become the billionaires’ club*, the club of arrogant, threatening and privileged elites.*  Previously, it was Brinks

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et la Sun Life qui disaient aux Québécois de s’écraser.  Aujourd’hui, c’est la Standard Life et Laurent Beaudoin.  On a vu leur chef de file, cette semaine, sortir de l’ombre:  Monsieur Paul Desmarais, le président de Power Corporation.

and Sun Life who told the Quebecois to go jump in a lake.  Today, it’s Standard Life and Laurent Beaudoin.  Their leader was seen this week emerging from the shadows:  Paul Desmarais, the president of Power Corporation.

Car il faut se rendre compte :  il y a quelques années, sous Robert Bourassa, on avait au Québec l’État Provigo.  C’était pas mal, c’était sympathique, un coup de chapeau à l’entrepreneurship québécois, qui entrait dans l’arène politique.

Because it must be realized:  a few years ago, under Robert Bourassa, we had the Provigo State in Quebec.  It wasn’t too bad, it was simpatico, a tip of the hat to Quebecois entre­pre­neurship, which had entered into the political arena.

Mais aujourd’hui, avec Jean Chrétien et Daniel Johnson, le NON, c’est l’État Desmarais.  Desmarais, qui n’a pas investi un seul million au Québec depuis 10 ans.  Desmarais, qui fait fortune ici, mais qui a utilisé ses profits réalisés au Québec pour investir massivement à l’étranger.  Desmarais, que l’ancien employé, Daniel Johnson,* remerciait cette semaine — remerciait — pour sa décision courageuse d’avoir gardé son siège social au Québec ces dernières années.  Desmarais, qui avait propulsé la carrière politique de Pierre Trudeau, puis celle de Jean Chrétien.

But today, with Jean Chrétien and Daniel Johnson, the NO, it’s the Desmarais State.  Desmarais, who hasn’t invested one solitary million in Quebec in ten years.  Desmarais, who made his fortune here, but who has used his profits made in Quebec to massively invest abroad.  Desmarais, whose former employee, Daniel Johnson,* thanked him this week — thanked him — for his courageous decision to have kept his head office in Quebec these last years.  Desmarais, who had propelled the political career of Pierre Trudeau, and then, that of Jean Chrétien.

Aujourd’hui, cette entreprise est au cœur du camp du NON.  Le vice-président de Paul Desmarais et ancien chef de cabinet de Jean Chrétien, John Rae, est un des principaux stratèges du camp du NON.  Le seul emploi que Daniel Johnson ait jamais occupé dans sa vie fut d’être le conseiller de Paul Desmarais.  Son ami Paul Martin est un ancien employé de Paul Desmarais.  Et, bien sûr, aux réunions familiales des Desmarais, il y avait Jean Chrétien.

Today, this corporation is at the heart of the NO side.  Paul Desmarais’ vice president, and Jean Chrétien’s former cabinet leader, John Rae, is one of the principal strategists of the NO side.  The only job that Daniel Johnson has ever had in his life was to be Paul Desmarais’ advisor.  His friend Paul Martin is a former employee of Paul Desmarais.  And, of course, at Desmarais family reunions, there has been Jean Chrétien.

Pour Jean Chrétien et Daniel Johnson, ceux qu’il faut écouter et obéir, ce ne sont pas les Québécoises et les Québécois, ce ne sont pas les représentants dûment élus, c’est la famille Desmarais.  Alors, ne vous étonnez pas, samedi prochain :  Jean Chrétien a invité à Montréal le premier ministre chinois Li Peng.  Il lui a organisé un beau programme.  Il lui a organisé une rencontre privée :  pas avec le président de la Banque Nationale, d’Hydro-Québec ou de Cascades, pas avec le ministre québécois du Commerce extérieur ou le maire de Montréal, mais avec la famille Desmarais.

For Jean Chrétien and Daniel Johnson, those who must be heard and obeyed are not Quebecers, are not the duly elected representatives, but the Desmarais family.  So, don’t be surprised next Saturday:  Jean Chrétien has invited the Chinese prime minister, Li Peng, to Montreal.  He has organized a lovely visit for him.  He has organized a private meeting:  not with the president of the National Bank, of Hydro-Quebec, or Cascades, not with the Quebec Minister for Foreign Trade or the Mayor of Montreal, but with the Desmarais family.

Toutes les bonnes questions sont soulevées dans ce discours.  Jacques Parizeau a déploré l’absence d’investissement au Québec par les Desmarais tout en rappelant que c’est au Québec qu’ils ont fait fortune.  En effet, comment Paul Desmarais s’est-il enrichi?  Nous le savons pour les Péladeau, nous le savons pour les

All the right questions are raised in this speech.  Jacques Parizeau deplored the absence of investment in Quebec by the Desmarais while recalling that it is in Quebec that they made their fortune.  Indeed, how did Paul Desmarais get rich?  We know how for the Peladeaus, we know for the

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Bombardier-Beaudoin, mais le savons-nous pour les Desmarais?  Quel a été le rôle de l’État dans cet enrichissement?  Quelles sont les dettes cachées de Paul Desmarais ?

Bombardier-Beaudoins, but do we know it for the Desmarais?  What was the role of the State in this enrichment?  What are the hidden debts of Paul Desmarais?

L’ancien premier ministre a parlé des millions dont Paul Desmarais n’avait pas investi un sou au Québec depuis 10 ans.  C’était en 1995.  En fait, 10 ans plus tôt, en 1985, on estimait la fortune personnelle de Paul Desmarais père à environ 500 millions de dollars.  Or, en 2008, on l’estime à près de 5 milliards de dollars, soit 10 fois plus importante.  Peut-on dire la même chose aujourd’hui qu’en 1995 au sujet des investissements de Power au Québec ?

The former premier spoke of the millions of which Paul Desmarais had not invested a cent in Quebec for 10 years.  That was 1995.  In fact, 10 years earlier, in 1985, the personal fortune of Paul Desmarais, Sr. had been estimated at nearly 500 million dollars.  Then, in 2008, it was estimated at nearly 5 billion dollars, ten times greater.  Can the same thing be said today as in 1995 concerning the investments of Power in Quebec?

Autre question soulevée par ce discours:  les relations privilégiées des Desmarais avec les dirigeants politiques au Québec et au Canada.  Est-ce que les Desmarais passent encore devant l’État québécois et ses représentants, devant le peuple québécois?  Et comment s’établissent ces relations privilégiées?  Quel en est l’effet sur la vie politique, économique, culturelle et sociale?  Alors que, en 1995, on parlait des Jean Chrétien, Paul Martin et Daniel Johnson, en 2008, ces derniers ont fait place aux Jean Charest, Stephen Harper, Stéphane Dion, Bob Rae et autres Nicolas Sarkozy [sic].  Et en 2014, s’y ajoutent Justin Trudeau et Pauline Marois.

Another question raised by this speech:  the privileged relations between the Desmarais and the political leaders of Quebec and Canada.  Do the Desmarais still come first before the Quebec State and its representatives, before the Quebec people?  What is their effect on political, economic, cultural and social life?  While in 1995 one spoke of Jean Chrétien, Paul Martin and Daniel Johnson, in 2008, the latter have been replaced by Jean Charest, Stephen Harper, Stéphane Dion, Bob Rae and others Nicolas Sarkozy [sic].  And in 2014 are added Justin Trudeau and Pauline Marois.

Monsieur Parizeau a également pris la peine de parler de John Rae, qui est au service de Power Corporation depuis 1971 et qui a remplacé Claude Frenette, celui qui se vantait que Power utilisait son réseau médiatique pour faire de la propagande.  John Rae, qui a été l’organisateur de Jean Chrétien lors des élections de 1993, de 1997 et de 2000.  John Rae, que le commissaire Bernard Grenier, de la commission d’enquête sur Option Canada, a pudiquement qualifié de « bénévole du Parti libéral du Canada » au sein d’un sous-comité du Comité pour le NON au référendum de 1995.  Le même John Rae qui nous a déclaré sans broncher que le love-in du 27 octobre, trois jours avant le référendum, était le fruit de la « conception immaculée et de la combustion spontanée », que l’argent n’y était pour rien, tout en affirmant d’un ton sévère:  « It was profoundly important for us to prevail » («Il était primordial

Mr. Parizeau also took the trouble to speak of John Rae, who has been in the service of Power Corporation since 1971 and who replaced Claude Frenette, who had bragged that Power would use its media network for propaganda.  John Rae, who was Jean Chrétien’s campaign organizer for the elections of 1993, 1997 and 2000.  John Rae, whom Com­mis­sioner Bernard Grenier of the Option Canada commission of inquiry, understatedly qualified as a « Liberal Party of Canada volunteer » within a sub-committee of the NO Committee for the 1995 referendum.  The same John Rae who told us that the love-in of 27 October, three days before the referendum, was the product of “immaculate conception” and “spontaneous combustion”, that the money involved was not for nothing, while affirming in a stern tone:  “It was profoundly important for us to prevail“.

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que nous vainquions»).  Nous savons que John Rae a fait déchiqueter, dans les bureaux de Power Corporation, peu après le référendum, environ 30 boîtes de documents qui portaient, entre autres, sur les dépenses effectuées pendant la période référendaire.  Des pages et des pages de listes de personnes qui ont donné de l’argent pour la campagne du NON, talons de chèques et autres documents intéressants.

We know that shortly after the referendum, in the offices of Power Corporation, John Rae shredded some 30 boxes of documents on the subject, among others, of expenditures during the referendum period.  Pages and pages of lists of persons who had given money to the NO campaign, cheque stubs and other interesting documents.

D’où la question très pointue:  pourquoi les Desmarais n’ont-ils jamais embrassé l’idée de la souveraineté du Québec ?

Whence the very pointed question:  why have the Desmarais never embraced the idea of the sovereignty of Quebec?

Jacques Parizeau a soulevé aussi le point qui, aujourd’hui, hante presque tous les pays:  ces multimilliardaires qui jouent un rôle prépondérant et totalement disproportionné dans la vie politique, souvent au-dessus des autorités élues, alors qu’ils n’ont aucune assise démocratique, leur seule source d’autorité étant la fortune qu’ils ont amassée.*

Jacques Parizeau also raised the point that, today, virtually every country is haunted by these billionaires who play a dominant and totally disproportionate role in political life, often beyond the elected authorities, while they have no democratic moorings, their sole source of authority being the fortunes they have amassed.*

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Un mot s’impose sur la méthodologie utilisée pour produire ce livre et sur le plan qui en découle.  Il s’agit d’un essai politique sur le rôle d’un homme, de sa famille et de son entreprise durant près d’un demi-siècle.  Comme Paul Desmarais et ses fils sont extrêmement secrets, refusant d’accorder des entrevues sauf à de très rares occasions et, le cas échéant, avec des conditions inacceptables, nous avons recouru principalement à des sources documentaires, dont les références sont regroupées à la fin du livre par chapitre.

A word is in order on the methodology utliized to produce this book and on the plan from which it emerged.  It was a political essay on the role of a man, of his family and his business for nearly a half-century.  As Paul Desmarais and his sons are extremely secretive, refusing to grant interviews except on rare occasions and, in the present case, with unacceptable conditions, we have resorted primarily to documentary sources, the references for which are grouped at the end of the book, by chapter.

Par ailleurs, vu le grand nombre de personnes qui ont préféré garder l’anonymat, nous avons choisi d’y faire référence seulement pour compléter ou enrichir les informations obtenues des sources documentaires.  Il est même étonnant de constater le nombre de personnes ayant demandé de conserver l’anonymat pour parler de Paul Desmarais, même des gens qui n’ont normalement pas besoin de demander la permission à qui que ce soit pour s’entretenir avec un journaliste.  Voilà une autre preuve de son pouvoir disproportionné.

Moreover, given the very many persons who have preferred to remain anonymous, we have chosen to refer to them only to complete or to expand upon the information obtained from documentary sources.  It is moreover astonishing to realize how many people asked to remain nameless in order to speak about Paul Desmarais, even people who ordinarily have no need to ask for anyone’s permission to speak to a journalist.  And that is yet another mark of his disproportionate power.

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En fin de parcours, nous avons demandé une entrevue avec Paul Desmarais en lui soumettant des questions écrites précises soulevées par nos recherches.  Cette demande est restée sans réponse.  La lettre et les questions sont reproduites en annexe.  Malgré le secret cultivé par Paul Desmarais et ses fils, ceux-ci ont quand même pris la parole publiquement à maintes reprises entre 1960 et 2008, de sorte qu’on peut se fier à ce qu’ils ont déjà déclaré au moment même où les événements en question se déroulaient.  Notons aussi que les quelques fois où Paul Desmarais a acquiescé à une demande d’entrevue, c’était presque toujours à des journalistes anglophones du Canada.  Déjà en 1973, Pierre Godin a signalé l’aura de mystère qu’il cultivait:  « Ce qui accroît aussi la méfiance publique envers l’homme, écrit Godin, c’est le mystère dont il s’entoure :  on sent sa présence partout, mais on ne le voit nulle part.  C’est un homme qui semble craindre la lumière.  Heureux le reporter (francophone) qui aura pu obtenir de lui une entrevue personnelle. »  Plus de 35 ans plus tard, lui et ses fils craignent encore davantage la lumière.  Même les médias et les journalistes qui leur seraient favorables essuient des refus nets.  Diane Francis s’est plainte que ni Paul Desmarais ni ses fils ne lui ont accordé une entrevue pour son dernier livre d’encensement des milliardaires, Who Owns Canada Now.  Même réponse à Konrad Yakabuski du Globe and Mail lorsqu’il a fait un grand portrait de la famille Desmarais publié en mai 2006.  Le même journaliste du Globe s’est dit jaloux du journaliste de l’hebdomadaire français Le Point  qui a obtenu une entrevue avec Paul Desmarais père.  Selon Yakabuski, les fils sont même plus cachottiers que le père.  L’émission de Radio-Canada Les Coulisses du pouvoir, animée par Daniel Lessard*, a essuyé aussi un refus.  Et Valérie Lion de l’hebdomadaire français L’Express  note que Paul Desmarais fils « préfère l’ombre à  la lumière ».

At the end of the study, we requested an interview with Paul Desmarais, submitting to him precise written questions raised by our research.  This request remained unanswered.  The letter and the questions are reproduced in the appendix.  In spite of the secrecy cultivated by Paul Desmarais and his sons, they have nevertheless spoken publicly on many occasions between 1960 and 2008, so that we can rely upon statements they have already made at the time the events in question were unfolding.  We also note that the few times when Paul Desmarais has agreed to a request for an interview, it was almost always with English-speaking journalists of Canada.  As far back as 1973, Pierre Godin noted the aura of mystery that he cultivated:  “Which also heightens public mistrust of the man,” writes Godin, “it is the mystery with which he surrounds himself:  his presence is felt everywhere, but he is nowhere to be seen.  He is a man who seems to fear the daylight.  Happy the (French-speaking) reporter who had been able to obtain a personal interview with him.”  More than 35 years later, he and his sons fear the daylight even more.  Even media and journalists who would be favorable to them draw flat refusals.  Diane Francis complained that neither Paul Desmarais nor his sons granted her an interview for her last book, a census of the billionaires, Who Owns Canada Now.  Konrad Yakabuski of the Globe and Mail  had the same response when he sketched a major portrait of the Desmarais family published in May 2006.  The same Globe journalist is known to be envious of journalists of the French weekly magazine Le Point  who obtained an interview with Paul Desmarais, Senior.  According to Yakabuski, the sons are an even greater mystery than the father.  The Radio-Canada show, Les Coulisses du pouvoir [Behind the scenes of power], moderated by Daniel Lessard*, also drew a refusal.  And Valerie Lion of the French weekly magazine L’Express  notes that Paul Desmarais Jr. “prefers the shadows to the light”.

Les conditions exigées aujourd’hui par les Desmarais et Power Corporation pour accorder une entrevue sont inacceptables.  Le cas de l’interview accordée par Paul Desmarais à l’hebdomadaire français Le Point  pour le numéro du 26 juin 2008 en est la meilleure

The conditions required today by Desmarais and Power Corporation to grant an interview are unacceptable.  The case of the interview granted by Paul Desmarais to the French weekly magazine Le Point  for its issue of June 26th, 2008 is the best

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preuve.  Cet hebdomadaire, pourtant la propriété de la richissime famille française Pinault qui joue dans les mêmes ligues que les Desmarais en Europe, a dû accepter que les censeurs de Power Corporation en revoient, en corrigent et en réécrivent des pans entiers.  Heureusement, nous avons obtenu de source sûre la version originale ainsi que les modifications apportées par les censeurs de Power.  Les extraits intéressants inédits de cette entrevue sont ainsi présentés tout au long du livre.  Les parties que Power Corporation a voulu supprimer sont en caractères gras.

evidence.  This weekly magazine, although the property of the wealthy French Pinault family which plays in the same leagues as the Desmarais in Europe, had to agree that the censors of Power Corporation review it, correct it and rewrite entire segments.  Happily, we have obtained the original version from a reliable source as well as the changes made by the censors at Power.  The new interesting extracts of this interview are thus presented throughout the book.  The parts that Power Corporation wanted to remove are in bold characters.

Nous considérons, par ailleurs, que lorsque de puissants dirigeants d’affaires comme les Desmarais cultivent tant le secret et le mystère et agissent dans l’ombre, ils doivent vivre avec la contrepartie de cette cachotterie, c’est-à-dire que les journalistes vont creuser dans l’ombre, percer le mystère et enfin y jeter de la lumière.

We moreover consider that when powerful business interests like the Desmarais cultivate so much secrecy and mystery, and act in the shadows, they must live with the corollary of this covertness, i.e., that journalists will penetrate the shadows, pierce the mystery and finally throw light upon it.

Ce livre n’est pas une biographie ni une histoire de Power Corporation, mais un essai politique.  Puisqu’il porte sur une période s’étendant à peu près de 1960 à 2008, la trame générale est chronologique pour la simple raison que cela donne au lecteur des repères et facilite la compréhension.  Dans la mesure du possible, cependant, nous présentons toujours une vue d’ensemble, ce qui nous amène inévitablement à passer régulièrement des années 1960 aux années 2000 et vice versa.

This book is not a biography nor is it a history of Power Corporation, but a political essay.  Since it covers a period spanning practically 1960 to 2008, the general framework is chronological for the simple reason that it gives the reader landmarks and facilitates comprehension.  As far as possible, however, we still present an overview, which inevitably leads us to move back and forth between the 1960s and the 2000’s.

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DE LA COUVERTURE ARRIÈRE

FROM THE BACK COVER

« Robin Philpot, en ne craignant pas de tenter de percer “le secret cultivé par Paul Desmarais et ses fils” offre une courageuse contribution au débat public. »
                          — Louis Cornellier, Le Devoir

“Robin Philpot, unafraid to attempt to pierce ‘the secrecy cultivated by Paul Desmarais and his sons’ presents a courageous contribution to the public debate.”
                          — Louis Cornellier, Le Devoir

Décembre 2013:  lors d’une cérémonie qui ressemblait à des funérailles nationales, devant une télé d’État béatement sub­ju­guée par tant de pouvoir, des grands de ce monde ont chanté à l’unisson les louanges de Paul Desmarais:  un grand homme d’affaires qui aurait donné tant au Québec nous a quitté.

December 2013:  during a ceremony resembling a state funeral, in front of a State tv blissfully subjugated by so much power, the greats of this world chanted in unison the praises of Paul Desmarais:  a great man of business who had given so much to Quebec has left us.

Et si on inversait la question :  que doivent Paul Desmarais et son empire au Québec?  Tout, répond Robin Philpot.

And if the question were reversed:  what do Paul Desmarais and his empire owe to Quebec?  Everything, says Robin Philpot.

Dans cet essai d’une actualité brûlante, l’auteur remonte à l’origine de cet empire, qualifié déjà en 1968 d’«État dans l’État», et répond méthodiquement aux nombreuses questions qui circulent au sujet de la famille Desmarais et Power Corporation.

In this essay on a subject of burning interest, the author goes to the origin of this empire, already characterized in 1968 as a “State within the State”, and methodically answers numerous subsisting questions about the Desmarais family and Power Corporation.

Comment cet empire a-t-il été bâti ?  Quel est son rôle économique au Québec, au-delà du mécénat et des journaux de Gesca?  Comment et pourquoi Paul Desmarais a-t-il tissé des relations d’influence étroites avec tous les premiers ministres du Québec et du Canada, sauf René Lévesque et Jacques Parizeau?  Pourquoi les Desmarais n’ont-ils jamais embrassé l’idée de la souveraineté du Québec même s’ils ont subi des rebuffades successives de l’establishment canadien, surtout à Toronto ?  Quels sont les intérêts de Power et des Desmarais aujourd’hui?

How was this empire built?  What is its economic role in Quebec, beyond the patronage and the newspapers of Gesca?  How and why has Paul Desmarais woven direct relations of influence with all the premiers of Quebec and Prime Ministers of Canada, except for René Lévesque and Jacques Parizeau?  Why have the Desmarais never embraced the idea of the sovereignty of Quebec even though they experienced successive rebuffs from the Canadian Establishment, especially in Toronto?  What are the interests of Power and Desmarais today?

Ce livre sur Paul Desmarais et Power est à la fois un condensé de l’histoire québécoise des 50 dernières années et un examen des forces et faiblesses du mouvement souverainiste.  Il soulève aussi d’importantes questions sur la nature l’État [sic] dont les Québécois auront besoin pour assurer leur épanouissement.

This book on Paul Desmarais and Power is both a condensed history of Quebec over the last 50 years and a look at the strengths and weaknesses of the sovereignty movement.  It also raises major questions on the nature of the State that Quebecers will require in order to ensure their flourishing.

Robin Philpot est écrivain, traducteur et éditeur.  Originaire de Thunder Bay, en Ontario, il habite Montréal depuis 1974.

Robin Philpot is a writer, translator and publisher.  Originally from Thunder Bay, in Ontario, he has lived in Montreal since 1974.

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1.  Diane Francis n’est guère «d’extrême droite». Cette experte financière qui a interviewé à plusieurs reprises les élites économiques, y compris le clan Desmarais, a dévoilé ses vraies couleurs Fabian lorsqu’elle a appelé à une fusion du Canada et des États-Unis dans son livre «Merger Of The Century:  Why Canada and America Should Become One Country».  Après tout, elle n’est qu’une immigrante au Canada, une Américaine en costume de mouton Fabian.  Mais elle est une double traîtresse, car la fusion ne doit même pas être vaguement «américaine», parce qu’une fois celle-ci réalisée, l’Union nord-américaine ressemblera davantage à l’ex-Yougoslavie.

1.  Diane Francis is hardly “right-wing”.  This financial expert who repeatedly interviewed the economic elites, including the Desmarais clan, exposed her true Fabian colors when she called for a merger of Canada and the USA in her book, “Merger Of The Century: Why Canada and America Should Become One Country“.  She is, after all, merely an immigrant to Canada, an American in Fabian sheep’s clothing.  But she is a double traitor, since the merger is not even to be vaguely “American,” for, once done, the North American Union will more closely resemble the former Yugoslavia.

2.  Ces «puissants libéraux» (tous rouges) n’ont guère souhaité la défaite du “séparatisme” au Québec; bce sont eux qui ont généré le raz-de-marée des années 1960 en utilisant leur propre contrôle sur la presse française locale, à savoir Le Devoir et La Presse; et c’est Trudeau lui-même, au lit avec Fidel Castro le 1er mai 1960 (voir mon exposé de l’histoire du canot), qui a participé au recrutement et à la formation par Castro, des terroristes de la FLQ, qui a attaqué le Canada … après un nouveau départ de Trudeau.  L’incident «Donald Gordon» est accompagné de la presse rouge contrôlée et de la mobilisation communiste de la population non communiste afin de présenter artificiellement «le reste du Canada» comme préjugé contre les Canadiens français au Québec.  Toute cette activité a été réalisée dans le but de se donner une excuse pour démanteler tout le Canada utilisant le Québec dans un référendum bidon visant à faire sécession, qui vise réellement à restructurer le Canada et l’Amérique du Nord en vue du mondialisme.

2.  These “powerful Liberals” (Reds all) hardly wanted to “beat” “separatism” in Quebec; they were the ones who generated the 1960s’s tidal wave using their own control over the local French press, i.e., Le Devoir and La Presse; and it was Trudeau himself, in bed with Fidel Castro on May 1st, 1960 (See the Canoe-stunt expose), who was on board during recruitment and training by Castro of the FLQ terrorists who attacked Quebec … after yet another Trudeau set-up, the “Donald Gordon Incident” complete with controlled red press and communist mobilization of the non-communist population to artificially present “the rest of Canada” as prejudiced against French-Canadians in Quebec.  All this activity was done to give themselves an excuse to dismantle all of Canada using Quebec in a phony referendum to secede which is really intended to restructure Canada and North America for globalism.

3.  La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) est maintenant hautement impliquée dans les procédures devant la Cour supérieure du Québec afin de forcer le Canada à se demanteler en utilisant le Québec comme le bouc émissaire.  Voir, par exemple:  Henderson c. Procureure générale du Québec 2018 QCCS 1586, le jugement de Mme le juge Claude Dallaire, 18 avril 2018.

3.  The Saint-John-the-Baptist Society of Montreal (SSJBM) is now heavily involved in the proceedings at Quebec Superior Court to forcibly dismantle Canada using Quebec as the scapegoat.  See, i.e.:  Henderson c. Procureure générale du Québec 2018 QCCS 1586, the Judgment of Madam Justice Claude Dallaire, 18 April 2018.

4.  En novembre et décembre 2000, le parti politique sur mesure de Power Corporation, le PARTI QUEBECOIS, a légiféré une série de méga-fusions municipales visant à consolider les petites villes périphériques en les attachant aux grands centres urbains. Dix-sept régions de ce type ont été formées, dont la plus grande est la mégapole de Montréal et la mégapole de Québec. Celles-ci constituent la base des futures cités internationales qui ne pourront être complétées que si le Québec se sépare et s’empare des pouvoirs du Parlement à Ottawa. Une fois que tous les pouvoirs seront en main, ceux-ci seront «décentralisés», c’est-à-dire une bonne partie laissée aux mégapoles pour mener à bien leur conversion en cités-États. Le communiste Guy Bertrand, avocat de la ville de Québec, qui se définit comme un «membre fondateur» du PARTI QUEBECOIS de Power Corp, est un important stratège actif dans le démantèlement et la reconfédération du Canada en tant que région de cités-états communistes. Les annonces de Bertrand pour un Québec indépendant de «régions» fédérées (villes fédérées) dotées chacune de leur propre parlement ont été diffusées dans Le Soleil, acquis par Power Corporation en novembre 2000, comme le prétend Philpot; et comme je le constate, au même moment que la base des futurs cités-états était en voie d’être légiférée par leur propre parti au pouvoir.  Le principe de base de ces parlements municipaux a également été mis en place, comme en témoigne la méga-ville de Montréal, créée par le PQ en novembre-décembre 2000 avec un conseil municipal de taille parlementaire.  Tout ce qui reste à faire est que le Québec se sépare et que ces méga-villes s’emparent de leur nouvelle part des pouvoirs pour se dégager en tant que cités-États internationales.

Afin de dissimuler la création de ces futures cités-états multiculturelles destinées à remplacer la Confédération, Lord Conrad Black, ancien président du comité directeur du Bilderberg procommuniste, a utilisé son célèbre visage pour vendre un arnaque:  un livre de Peter Trent, ancien maire de Westmount, qui, lors des méga-fusions, a prétendu s’y opposer; mais dans le revirement classique, préconise maintenant de donner à ces mégapoles les pouvoirs dont elles ont besoin.  Lord Black présente le docu-drama fantastique de Peter Trent, son livre «The Merger Delusion», conçu pour convaincre aux lecteurs la notion que le PQ n’avait pas vraiment l’intention de créer un Parlement à l’hôtel de ville de Montréal.  Les Péquistes étaient émus quand ils le firent, ils étaient fous.

4.  In November and December of 2000, Power Corporation’s designer party, the PARTI QUEBECOIS in power, legislated a series of municipal mega-mergers to consolidate outlying small towns and cities by attachment to major metropolitan core cities. Seventeen such regions were formed, the biggest of which are the mega-city of Montreal and the mega-city of Quebec City. These are the basis of the future international city-states that cannot be completed unless Quebec secedes and grabs the powers out of the Parliament in Ottawa. Once having all powers in hand, these will be “decentralized,” i.e., a good part given to the mega-cities to complete their conversion into city-states. Quebec City lawyer, communist Guy Bertrand, who styles himself a “founding member” of Power Corp’s PARTI QUEBECOIS, is a major strategist active in the dismantling and reconfederation of Canada as a region of communist city-states.  Bertrand’s ads for an independent Quebec of federated “regions” (federated city-states) each with its own parliament, have been run in Le Soleil, acquired by Power Corporation in November 2000, as Philpot claims; and as I observe, just as the basis for the future city-states was being legislated by their own party in power.  The basic premise for these municipal parliaments has also been put into place, as can be seen with the mega-city of Montreal, created by the PQ in November-December 2000 with a parliamentary-sized municipal council.  All that remains is for Quebec to secede and these mega-cities to grab their new share of the powers to fledge themselves out as international city-states.

In an effort to cover up the creation of these future multicultural city-states intended to replace Confederation, the former steering committee head of the pro-Communist Bilderberg, Lord Conrad Black, has used his famous talking head to sell the cover-up fraud by Peter Trent, a former mayor of Westmount, who at the time of the mega-mergers claimed to oppose them; but in classic turnaround now advocates giving them the powers they need.  Lord Black presented Peter Trent’s fantasy docu-drama, his book “The Merger Delusion,” designed to palm off to readers the notion the PQ didn’t really intend to create a Parliament in Montreal City Hall, the Péquistes were emotional when they did it, they were out of their minds.

5.  Radio-Canada est le gouvernement fédéral. Il s’agit de l’aile française du radiodiffuseur national de télévision et de radio, la Société Radio-Canada, une société d’État mieux connue sous le nom de “Pravda pour le Canada”.  C’est avec qui Power Corporation est de nouveau au lit.

5.  Radio-Canada is the federal government.  It’s the French wing of the national radio and tv broadcaster, Canadian Broadcasting Corporation, a Crown corporation, best known as Canada’s pro-red Pravda.  That’s who Power Corporation is once again in bed with.

6. Malgré ce refus, Daniel Lessard a fini par animer la couverture télévisée des audiences sur la «Sécession du Québec» devant devant le comité consultatif fédéral non judiciaire formé des juges de la Cour suprême du Canada, au nom de l’aile française de la SRC.  Ce renvoi non contraignant fait partie d’une arnaque visant à forcer le «reste du Canada» à «négocier» son propre suicide avec le Québec après un «oui» lors d’un référendum sur la sécession.  Parce que, prétendument, une déclaration unilatérale d’indépendance ne serait pas «constitutionnelle», et l’éclatement du Canada doit sortir de sortir de la machine à laver semblant «constitutionnel» au profit de la communauté internationale qui doit «reconnaître» la dissolution du Canada et son remplacement par une douzaine de nouvelles républiques bananières à la suite d’un «devoir de négocier» «constitutionnel» le pacte de suicide.  Alors, vraiment, de quel côté était Daniel Lessard?  Il était du côté de Power Corporation et des mondialistes, qu’il le sache ou non.

6. Despite that refusal, Daniel Lessard ends up hosting the 1997 red CBC French coverage of the 1998 “Quebec Secession” hearings before the non-judicial federal advisory board formed by the erstwhile judges of the Supreme Court of Canada.  This non-binding opinion is part of a scam to force the “rest of Canada” to “negotiate” its own suicide with Quebec after a “yes” in a referendum to secede.  Because a UDI wouldn’t be “constitutional”, and the break-up of Canada must come out of the laundry looking “constitutional” to the international community that will be asked to “recognize” that Canada has been dissolved and replaced by a dozen banana republics on due fulfillment of a phony “constitutional” “duty to negotiate” the suicide pact.  So, really, on whose side was Daniel Lessard.  The side of Power Corporation and the globalists, whether he knew it or not.

7.  C’est bien Parizeau lui-même et le Parti québécois de Power Corporation, qui ont été chargés d’aider le «club des milliardaires» dans son rôle non démocratique et «totalement démesuré» dans la vie politique du Québec.  Dans la conclusion de «Le Parti québécois au service de la haute finance» (1981), un exposé sur la complicité du PQ avec la «haute finance», Nicholas de l’Isle pour le Parti de l’unité nationale du Canada, alors en place, cite les noms des responsables de cette complicité.  En tête de liste, Jean Campeau, président du conseil et directeur général de la Caisse de dépôt et placement du Québec.  Campeau était un atout bien connu de Power Corporation du Canada.  Campeau a été le premier employeur du mari de Pauline Marois, alors que Campeau travaillait pour Power Corporation.  Marois est devenue elle-même le chef du Parti québécois communiste de Power Corp.  Et puis «il y a Parizeau» derrière, dit de l’Isle, plus précisément le Parti québécois lui-même, le parti «séparatiste» de Power Corp.  Dit de l’Isle: «Il est incontestable que l’union indécente de la Caisse avec Brascan n’aurait pu être réalisée sans la bénédiction du gouvernement du PQ.»  Par «union indécente», on entend le mariage des fonds de retraite des Québécois détenus dans la Caisse aux milliardaires sionistes pour aider leur nouvelle accumulation de la richesse privée.  Parizeau pourrait difficilement, avec un visage sérieux, dénoncer les mêmes milliardaires pour faire passer leurs propres intérêts avant ceux du public québécois, alors que Parizeau l’avait fait lui-même.

7.  Surely, it is Parizeau himself and the Parti Québécois of Power Corporation, who have been responsible for aiding “the billionaires’ club” in their undemocratic and “totally disproportionate role” in political life.  In the conclusion to “Le Parti Québécois au service de la haute finance” (1981), an exposé of PQ complicity with “high finance”, Nicholas de l’Isle for the then-existing National Unity Party of Canada, names the names of those responsible for that complicity.  Top of the list, Jean Campeau, Chairman and General Manager of the Caisse de Dépôt et placement du Québec, and a well known asset of Power Corporation of Canada.  Campeau was the first employer of the husband of Pauline Marois while Campeau was working for Power Corporation, and Marois herself eventually became the leader of Power Corp’s communist Parti Québécois.  And then “there is Parizeau” behind it, says de l’Isle, specifically the Parti Québécois itself, Power Corp’s “separatist” party.  Translation:  “It is undoubted that the indecent union of the Caisse  with Brascan could not have been achieved without the blessing of the PQ government.”  By “indecent union” is meant the marriage of Quebecers’ pension funds held in the Caisse to Zionist billionaires to aid their further private wealth accumulation.  Parizeau could hardly, with a straight face, denounce the same billionaires for putting their own interests ahead those of Quebec’s public, when Parizeau himself had done it.

8.  “Le club des élites arrogantes, menaçantes et privilégiées”.  J’ai une petite anecdote pour vous.  Dans tous les films télévisés de «Premier ministre» Parizeau, on voit sa limousine se garer près du trottoir devant son modeste domicile du quartier francophone d’Outremont à Montréal.  Ce n’est pas là que Parizeau a vraiment vécu!  Il avait un appartement-terrasse sur l’île des Soeurs (“Nuns’ Island”), l’endroit le plus cher et à l’origine «britannique» (comme l’accent anglais de Parizeau) à Montréal.  Je l’ai appris d’un autre propriétaire d’un appartement-terrasse situé au même étage que Parizeau, qui vivait au bout du couloir.  Il faisait seulement semblant d’être un “homme du peuple”, tout comme le gars d’à côté.  Pauline Marois a essayé le même tour, mais TVA l’a attrapée, tant mieux pour eux!  La station a pris des caméras et a survolé son immense domaine royal sur un terrain de la taille du Vermont après qu’elle ait posé devant un chalet d’été délabré, prétendant que c’était sa maison.

8.  “The club of arrogant, threatening and privileged elites”.  I have a little anecdote for you.  In all the tv newsreels on “Prime Minister” Parizeau, we are treated to a view of his limousine rolling up to the sidewalk of his modest home in the francophone Outremont district of Montreal.  That’s not where Parizeau really lived!  He had a penthouse on Ile des Soeurs (Nun’s Island), the most expensive and originally “British” (like Parizeau’s English accent) upper-class place to live in Montreal.  I found this out from another owner of a penthouse on the same floor as Parizeau, who lived down the hall.  He was merely putting on low-brow airs to fool the public into thinking he was a home-boy, a man of the people.  Pauline Marois tried the same trick, but TVA caught her, good for them!  The station took cameras and flew over her massive kingly estate on land the size of Vermont after she posed at a ramshackle run-down summer cottage pretending it was her home.

9.  Il est bien connu que Power Corporation contrôlait les trois hommes “Johnson”:  Daniel Johnson, père (décédé d’une crise cardiaque avant de pouvoir organiser un référendum à la tête du parti de l’Union nationale du Québec, dirigé autrefois par le conservateur Maurice Duplessis qui n’était pas contrôlé par Power); Daniel Johnson, Jr., un «libéral» et Pierre-Marc Johnson, qui est également devenu chef du Parti Québécois de Power Corporation et qui a par ailleurs signé le plan “Building A North American Community” du Conseil canadien des chefs d’entreprise (dont beaucoup sont des sociétés transnationales américaines) publié par le Conseil des relations étrangères de Rockefeller (un groupe marxiste).  Vous pouvez toujours télécharger la version française,“Construire une Communauté Nord Américaine,” dans la Wayback Machine.  (En d’autres termes, il s’agit d’une “Souveraineté-Association” pour l’ensemble de l’Amérique du Nord.)  Daniel Johnson est décédé avant d’avoir eu la chance de prendre le pouvoir et d’organiser un référendum.  Power Corporation et sa coterie de communistes qu’elle aime engager, en particulier ceux de son “comité secret” à Montréal, ont donc organisé d’un côté la création du Parti québécois chargé de tenir le référendum, et d’autre part ils ont assuré l’élection de Trudeau au poste de premier ministre du Canada afin qu’il puisse “négocier” le démantèlement du Canada avec le Parti québécois après le référendum.

9.  It is well known that Power Corporation owned all three Johnson men:  Daniel Johnson, Sr. (who died of a heart attack before he could run a referendum as leader of Quebec’s Union Nationale party) that once was led by conservative Maurice Duplessis (who was not under Power’s thumb); Daniel Johnson, Jr., a “Liberal”; and Pierre-Marc Johnson who also became leader of Power Corporation’s Parti Québécois, and who moreover signed the Building A North American Community blueprint of Power Corporation’s Canadian Council of Chief Executives (many of whom are American transnational corporations) published by the Rockefeller’s Marxist Council on Foreign Relations.  When Daniel Johnson, Sr., died before he had a chance at power so he could run a referendum.  That’s when Power Corporation and its coterie of in-house communists that it likes to hire, notably on its “secret committee” in Montreal, on the one hand, organized the creation of the Parti Québécois to run the referendum, and on the other hand, ensured the election of Trudeau as prime minister to “negotiate” the dismantling of Canada with the Parti Québécois after the referendum.