“Worker’s Control” (1974)

“Worker’s Control,” a book review by Gilles Laflamme, Laval University (1974)

Citation for the French original:  Laflamme, G. (1974). Review of [Workers’s Control, A Reader on Labor and Social Change, Edited by Gerry Hunnius, G. David Gardon and John Case, New York, Random House, 1973, 493 pp.] Relations industrielles / Industrial Relations, 29 (1), 228–229. https://doi.org/10.7202/028491ar

Exclusive English translation for “No Snow in Moscow”.  (Emphases added.)  Download it with a copy of the French original.


RECENSIONS

BOOK REVIEWS

Le sujet qu’abordent les auteurs, «Le contrôle ouvrier», est loin d’être un sujet nouveau bien qu’il n’ait jamais été tellement à la mode au Canada et aux Etats-Unis.

The subject dealt with by the authors, “Worker’s Control,” is far from being a new subject although it has never been so popular in Canada and the United States.

En effet, le problème de la démocratisation des rapports du travail au moyen d’une gestion de l’entreprise par les travailleurs a toujours été au centre des théories socialistes et c’est une demande qui s’inscrit dans la tradition du mouvement ouvrier international.

In effect, the problem of democratizing work relations by means of company management by the workers has always been at the center of socialist theories and is a demand inscribed in the tradition of the international workers’ movement.1

L’intérêt que nous portons à ce livre est d’autant plus grand que peu de travaux portant sur le contrôle ouvrier ont été publiés ou sont disponibles en Amérique du Nord. De plus, les auteurs ont su éviter le danger d’offrir une option qui pourrait nous apparaître de peu d’intérêt eu égard à la valeur de notre système de relations du travail.

Our interest in this book is all the greater because few works on Worker’s Control have been published or are available in North America.  In addition, the authors have avoided the danger of offering an option that may seem to us of little relevance to the value of our labor relations system.

C’est pourquoi, ce livre, très bien conçu, comprend d’abord une critique sévère de la négociation collective dont «le rôle aujourd’hui est de fournir un cadre institutionnel rigide à la lutte des classes».  On fait ressortir les limites de ce système institutionnel.  On porte également un jugement sévère sur le syndicalisme américain «qui sert les intérêts des grandes firmes» et qui contribue à intégrer la force ouvrière au système.  Nous retrouvons sur cette question d’excellents articles de Stanley Aronowitz et de Daniel Bell.

That is why this well-crafted book first of all includes a harsh critique of collective bargaining, whose “role today is to provide a rigid institutional framework for the class struggle.”  The limits of this institutional system are highlighted.  There is also a harsh judgment on American trade unionism “which serves the interests of large firms” and helps to integrate the working force into the system.  We find excellent articles on this question by Stanley Aronowitz and Daniel Bell.

Après une critique du système de négociation collective nord-américain, les auteurs présentent certains modèles contemporains de participation et d’autogestion.  Ainsi les idées de «contrôle ouvrier» perdent ce qu’elles pouvaient avoir d’obscures pour s’offrir à nous comme une réalité.  La perspective critique est toujours présente aussi bien dans l’analyse du système yougoslave que suédois que dans celle du modèle de cogestion allemand, lequel est perçu par Helmut Schauer comme une «rationalisation des relations sociales existantes» et non comme une «suppression du pouvoir capitaliste».

After a critique of the North American collective bargaining system, the authors present some contemporary models of participation and self-management.  Thus, whatever obscurity ideas of “Worker’s Control” might have had is removed to offer it to us as a reality.  The critical perspective is always present both in the analysis of the Yugoslav and Swedish systems, and of the German co-management model, which is perceived by Helmut Schauer as a “rationalization of existing social relations” and not as a “suppression of capitalist power.

Et dans une dernière partie les auteurs présentent le «contrôle ouvrier» comme une des stratégies de changement.  Le «contrôle ouvrier» ne saurait être perçu comme une fin en soi, ni comme une simple réforme industrielle.  Il ne trouve sa vraie signification que s’il est placé dans «la perspective stratégique d’une révolution politique et sociale».  Les articles de André Gorz et de Ernest Mandel sont des plus intéressants sur cette question.

And in a final part, the authors present “Worker’s Control” as one of the strategies for change.  “Worker’s Control” is not viewed as an end in itself, nor as a mere industrial reform.  Its real significance is only found if it is placed in “the strategic perspective of a political and social revolution.”  The articles by André Gorz and Ernest Mandel are most interesting on this question.

Il est nécessaire avant tout de retenir que le «contrôle ouvrier» se situe totalement en dehors des théories participationnistes actuelles et tel que présenté dans ce livre il est une revendication anticapitaliste.  On voit mal comment il pourrait être absorbé ou digéré par le système au même titre que des augmentations de salaires ou des avantages sociaux accrus.  C’est tout le problème de la relation entre stratégie et fin qui est posé.

It is necessary above all to remember that “Worker’s Control” is totally outside the current participationist theories and as presented in this book it is an anti-capitalist claim.  It is hard to see how it could be absorbed or digested by the system in the same way as increases in wages or benefits.  This is the whole problem of the relationship between strategy and purpose.

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Le mérite de ce livre pourrait être de faire renaître un débat autour de ce thème et de reposer le problème du contrôle syndical obtenu par la négociation collective, de la bureaucratisation du syndicalisme et de son intégration.

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The merit of this book could be to revive debate around this theme and to restate the problem of union control obtained through collective bargaining, of the bureaucratization of trade unionism and and of its integration.

Gilles LAFLAMME
Université Laval

Gilles LAFLAMME
Laval University

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Key words:  industrial democracy, participation, worker’s control, self-management, New-Left Communism.